19.01.2012
Le Top 5 des Néo-Zélandais en 2011
Nous avons demandé à trois Néo-Zélandais triés sur le volet de nous présenter leurs cinq albums préférés de l’année 2011. Seule condition : qu’il s’agisse de musiciens kiwis, bien sûr. Le résultat est tout à fait à la hauteur de nos attentes : diversifié à souhait, il fait la part belle aux découvertes, ce qui était, à vrai dire, le but de l’exercice…
Stephen O’Hoy est le directeur du site de musique en ligne néo-zélandais Amplifier, l’un des plus vieux sites légaux de téléchargement au monde. Il dirige aussi l’entreprise Digital Rights Management NZ, en plus de siéger au conseil d’administration de Independent Music New Zealand. Stephen est aussi le père s’une petite fille d’un an dont il se dit très fier.
"Kia ora, voici mes cinq albums favoris de l’année 2011 :
The Yoots - Sing Along With the Yoots
Ce groupe né en 2006 autour de Joe Lindsay, fameux tromboniste mieux connu sous le surnom de Hopepa, compte aujourd’hui près d’une douzaine de musicos. Leur musique débridée et fraîche oscille entre calypso-ska et country-soul.
Will Crummer - Shoebox Love Songs
Cette légende néo-zélandaise de la musique polynésienne n’avait pas sorti de disque depuis presque quatre décennies. L’album est assorti d’un DVD documentaire de 50 minutes réalisé par Costa Botes et contant l’histoire derrière la musique de Will Crummer. L’album a été enregistré à la fin de l’année 2010 dans les studios de Neil Finn à Auckland.
Andrew Keoghan - Arctic Tales Divide
Le premier album d’Andrew Keoghan, auteur-compositeur polyinstrumentiste de formation classique (il a étudié le chant et le violon). Le premier single, intitulé « ça va bien merci », est en vente depuis septembre 2011 sur ITunes. Il s’agit d’une chanson influencée par Gainsbourg qui a été beaucoup jouée sur Radio New Zealand National.
Cobra Khan – Adversities
Ce quintet d’Auckland n’avait rien publié depuis 2008. Le retour sur la scène « heavy » a été gagnant avec « Adversities » en 2011.
L.A. Mitchell - The Concept EP #2 with D:UNK
Bien connue pour ses antécédents dans le domaine du jazz, L.A. Mitchell a toujours aimé explorer de nouvelles avenues. Pour ce second EP collaboratif, elle a travaillé avec le DJ et producteur George Duncan (D :UN K). Le résultat, assez étonnant, se situe quelque part entre funk numérique et ballades soul.
Ka kite ano, Stephen
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Fleur Jack est animatrice à Kiwi FM, l’une des stations les plus écoutées d’Auckland. C’est aussi une musicienne : elle compose depuis l’âge de 8 ans et prépare actuellement la sortie de son tout premier album, prévue cet hiver, et pour lequel une levée de fonds a été lancée sur le site Sellaband.
Timothy Blackman - Everybody Needs Something to Hold Onto
J’étais en tournée en Amérique du Nord en septembre et Tim (lui aussi néo-zélandais) est venu me voir jouer au Laurelthirst Pub à Portland. Il m’a remis son CD en mains propres. Alors que je quittais Portland sur l’autoroute 101, j’ai écouté son disque et n’ai pu retenir mes larmes. C’est l’un des albums que j’ai le plus écoutés durant ma tournée. Il est extrêmement touchant.
The Checks - Deadly Summer Sway
The Checks est un groupe fondé à Auckland en 2002 ou 2003. Il s’agit de leur troisième album studio et ils n’ont cessé d’évoluer musicalement, et c’est ce que j’aime chez eux. Au départ, c’était un vrai groupe de rock’n’roll, mais ce dernier opus est plus réfléchi, sans doute un peu plus sombre aussi… Pour ceux qui veulent en savoir plus, leur site Web propose quelques clips assez zarbi qui méritent le détour.
The Nudge - Big Nudge Pie
Ce groupe venu de nulle part a fait irruption sur la scène néo-zélandaise cette année. Je les ai reçus dans mon émission de radio où ils ont joué live. Ce fut mon émission favorite de l'année 2011. Le disque est à la fois doux, rythmé, rock, psychédélique et même funky. La plus belle surprise de l’année en ce qui me concerne.
Newtown Rocksteady - Self Titled
Newtown Rocksteady est un groupe reggae de Wellington où je m’étais rendue pour interviewer James, de la formation The Nudge. C’est alors qu’il m’a remis le CD des Newtown, groupe dont il fait aussi partie. Il est impossible de ne pas se laisser entraîner par les rythmes contagieux de ce disque. C’est l’album idéal pour un trajet en voiture, les fenêtres grandes ouvertes et la pédale d’accélérateur au plancher.
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Arc of Ascent - Circle of the Sun
Voilà un « band » qui devrait contenter les amateurs de metal. J’ai découvert ce groupe de Hamilton au festival Stonerfest 2011 à Auckland. Leurs riffs sont diaboliques. C’est assez lourdingue pour pouvoir s’appeler metal mais il n’empêche qu’on arrive à danser sur leur musique. C’est vraiment un groupe à découvrir, à mon humble avis !
Cheers
Fleur
Un premier single de Fleur Jack est en vente sur le site de musique en ligne Amplifier. On peut l'écouter ici.
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Louise Hayward, qui est agent artistique pour la société Beacon Music Promotions Ltd à Auckland, confesse être une fan de la première heure des frères Finn (Tim et Neil). Or, il se trouve que la production de la famille Finn a été particulièrement abondante cette année, ce qui explique la tonalité de ses choix ! « Je suis toujours très enthousiaste à l’idée de voir arriver un nouvel album des Finn, alors vous pensez bien que quatre albums dans l’année, c’était carrément inespéré ! », souligne-t-elle.
Crowded House Intriguer Live – Start to Finish (CD + DVD)
C’est mon album favori de l’année 2011 ! Grâce à cet opus live combinant CD et DVD, je peux désormais revoir à loisir le concert d’une vie ! Filmé dans le cadre somptueux de l’hôtel de ville d’Auckland, ce show était magnifié par d’incroyables jeux de lumière. En écoutant cet album, j’ai eu l’impression de me retrouver entre amis, au milieu du public. La façon dont Neil Finn s’adresse à son public donne une idée de la magie inhérente aux concerts de Crowded House. Les plus récentes créations du groupe, ici mélangées à des classiques de toujours, font de ce disque l’un des meilleurs de la décennie, à mon sens.
Liam Finn - FOMO
La star néo-zélandaise de la pop rock indie, Liam Finn (qui n’est autre que le fils de Neil Finn), cartonne cette fois encore avec FOMO, son second opus. Fermez les yeux et vous pourrez l’imaginer sautant d’un instrument à l’autre, tel qu’il le fait à chacun de ses concerts. Ses chansons aux strates multiples révèlent un auteur-compositeur au sommet de son art. Parmi les chansons que je préfère : « Cold feet », qui chatouille les sens avec un certain bonheur ; « Jump your bones », avec Glen Kotche du groupe Wilco, et « Chase the seasons », où son frère Elroy joue des percussions.
Pajama Club
Je me suis toujours dit que certaines des meilleures chansons étaient écrites la nuit. Le Pajama Club fondé par Neil Finn et sa femme Sharon en sont un très bon exemple. Les morceaux osent aborder des sujets qui hantent nos nuits. Les mélodies sont éblouissantes, fidèles à la marque de fabrique des Finn. Mes chansons préférées : « Tell me what you want », « Diamonds in her eyes », dont l’intensité et la profondeur ne sont sans doute pas étrangères à l’implication de Sean Donnelly. Du bonheur à l’état pur !
Tim Finn - The view is worth the climb
Tim Finn n’est pas seulement l’un de nos plus grands auteurs-compositeurs, c’est aussi un vrai philosophe à ses heures. Son nouvel album est une célébration de la vie, des rêves réalisés ou pas, ou simplement du bonheur d’être en vie et d’arriver à en tirer le meilleur.
La chanson “People like us”, aux paroles splendides, repose sur un jeu de piano vraiment somptueux. Il me tarde déjà d’entendre l’album suivant !
Anna Coddington - Cat and Bird
Un ami m’a conseillé de visionner une video d’une chanson d’Anna Coddington et cela a suffi à faire de moi une fan. Ce qui explique qu’elle se retrouve, du coup, dans mon top 5. Cet album frais et emballant montre qu’Anna a un objectif et qu’elle sait ce qu’elle doit faire pour le mener à bien.
23:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : meilleurs albums néo-zélandais de 2011, fleur jack, louise hayward, stephen o'hoy
10.01.2012
Albums de légende. "How Bizarre" par OMC
S'il y avait un album de légende à citer et un seul au milieu de l'abondante Histoire du disque néo-zélandais, il serait difficile de zapper celui qui s'est le plus vendu à ce jour, à savoir "How Bizarre", de la formation OMC, Otara Milionaires Club. Curieusement, ce duo n'aura pondu qu'un album et quelques singles entre 1995 et 2007.
Il faut d'abord y voir un clin d'oeil. Un club des millionaires, ça se saurait s'il y en avait à Otara, qui est l'une des banlieues les plus déshéritées d'Auckland. Une cité principalement peuplée de maoris, et qui a vu naître les frères Philip et Pauly Fuemana. La formation OMC a été créée à l'origine par Philip, qui avait fait ses armes au sein des groupes Houseparty et Fuemana. Mais celui-ci abandonna finalement le projet OMC à son frère cadet Pauly. Ce dernier s'est associé au producteur Alan Jansson pour fonder le duo rendu célèbre par le succès international "How Bizarre", extrait de l'album éponyme sorti à la fin de l'année 1995.
Le sommet des "tops"
Au prestigieux classement de l'Australasian Performing Right Association, la chanson "How Bizarre" fait partie des plus grandes chansons néo-zélandaises de tous les temps. Et ce ne sont pas que des mots. Entre 1995 et 2000, OMC aurait vendu entre trois et quatre millions d'albums dans le monde entier. Durant des semaines entières, le duo a squatté le sommet de la plupart des hit-parades. "How Bizarre" fut aussi le single de l'année 1996 aux New Zealand Music Awards.
Un album et une poignée de singles, dont le succès écrasant de "How Bizarre", c'est l'essentiel de ce que l'Histoire retiendra d'OMC, d'autant que son principal protagoniste, Pauly Fuemana, est décédé en janvier 2010, à l'âge de 41 ans, des suites d'une pneumonie. Suivant de peu d'ailleurs son frère aîné Philip, décédé lui aussi à l'âge de 41 ans en 2005. De ce dernier, on se souviendra par ailleurs qu'il fut l'un des premiers Polynésiens à faire une incursion dans le domaine du hip-hop et du R&B. La semaine où Pauly Fuemana est décédé, la chanson "How Bizarre" est parvenue de nouveau à se frayer un chemin dans le TOP 40 néo-zélandais.
21:42 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : omc, otara millionaires club, auckland, pop néo-zélandaise, alan jansson, pauly fuemana
03.01.2012
Little Bushman : une gueule, une voix
On a souvent dit de la scène musicale néo-zélandaise qu'elle pouvait se montrer incestueuse à ses heures. L'histoire de la formation Little Bushman en est un assez bon exemple, ses membres fondateurs ayant eu auparavant l'opportunité de se croiser au sein de plusieurs groupes d'Aotearoa (Nouvelle-Zélande en maori). Avec son blues psychédélique inventif, teinté de folk lyrique, le groupe de Wellington est parvenu à se hisser au premier plan des formations rock de Nouvelle-Zélande.
Little Bushman, c'est avant tout une gueule et une voix, celle de son chanteur charismatique Warren Maxwell, issu de plusieurs groupes phares néo-zélandais, qu'il s'agisse de Fat Freddys Drop, de Trinity Roots ou du Village Jazz Quartet. C'est au sein de cette dernière qu'il a d'ailleurs rencontré le batteur et percussionniste Rick Cranson. Pour fonder, en 2004, ce qu'il est convenu d'appeler un quartet, se sont aussi ajoutés les frangins Tom et Joe Callwood, respectivement bassiste et guitariste. Le premier opus, "The Onus of sand", verra le jour en 2005. Un premier album plus sobre que les suivants, et dans lequel se sont aussi investis deux musiciens de Fat Freddys : Lisa Tomlins et Deva Mahal. Dans ce hors d’œuvre, Warren Maxwell a troqué le sax et la guitare qu'il arborait au sein de ses formations précédentes contre un piano Rhodes. Le naturel reviendra toutefois au galop dès le projet suivant, "Pendulum", sorti en 2007 et réalisé par Lee Prebble (Phoenix Foundation). Un album qui marque le véritable envol de la formation et où les musiciens du quartet empruntent des sentiers autrefois arpentés par Jimi Hendrix, Led Zeppelin ou Cream. Car Warren Maxwell et ses acolytes sont de dignes héritiers du rock des années 70. Dignes, car ils en repoussent encore les frontières.
Des concerts intenses
Pour ne rien perdre de l'intensité tapageuse des concerts qui ont fait une grande partie de la réputation de Little Bushman, le groupe met un point d'honneur, au moins au début, à enregistrer le plus possible ses disques dans les conditions du "live". Mais cela prend vite la forme d'une gageure, tant l'ensemble a su enrichir sa palette. Il faut dire que le groupe est aujourd'hui passé maître dans l'art du raffinement esthétique. De multiples strates se superposent, générant un son d'une amplitude et d'une complexité incroyables. Little Bushman ne se dévoile qu'à ceux qui s'en donnent vraiment la peine, qu'on se le dise.
"Te Oranga" au Top 20 2011
Le meilleur exemple de cette évolution est sans conteste l'album "Te Oranga", sorti en avril 2011, qui fait partie des 20 meilleurs albums néo-zélandais de l'année 2011, au classement compilé par le site Amplifier. En voici un extrait, "Big man", enregistré live à Sydney :
Little Bushman a aussi enregistré un album concert en 2009 au côté de l'Orchestre symphonique de Nouvelle-Zélande, le New Zealand Symphony Orchestra : "Live in concert with the NZSO". Ce "live" a été donné le 23 octobre 2009 sous la direction d'Hawish McKeith. Les arrangements sont signés du compositeur néo-zélandais John Psathas.
Voici, dans l'ordre chronologique, les pochettes des quatre albums de Little Bushman :




LIENS SYMPA
Le site officiel de Little Bushman.
Le site MySpace du groupe.
Le site d'Amplifier pour écouter toute leur discographie (et commander éventuellement leur musique).
23:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : little bushman, rock néo-zélandais, blues, te oranga, warren maxwell












