09.05.2012
Mai, le mois de la musique en Nouvelle-Zélande
Créé dans un premier temps dans le but de favoriser la diffusion d'artistes néo-zélandais à la radio, le Mois de la musique néo-zélandaise ("NZ Music Month") est devenu au fil des ans un événement culturel incontournable. Tous les ans, au mois de mai, la musique y est au coeur de tout.
Par analogie, on pourrait comparer le New Zealand Music Month à la Fête de la musique, créée en France dans les années 80. Mais là-bas, il s'agit d'une Fête de la musique puissance 31, puisque l'événement s'y déroule sur un mois complet. Voilà sans doute qui démontre, s'il en était besoin, que la musique, en terre kiwie, est chose à ne pas prendre à la légère.
Du 1er au 31 mai, les initiatives ne manquent pas : concerts, multiples lancements d'albums, portes ouvertes, expositions, séminaires, tremplins et concours, etc. L'initiative ne se confine pas à l'intérieur des frontières néo-zélandaises; deux showcases sont ainsi notamment prévus en Grande-Bretagne : à Brighton le 12 mai, et à Liverpool le 17. Histoire de présenter un échantillon de ce qui se fait de mieux aujourd'hui aux antipodes.
Et comme il faut bien conclure en beauté, le mois se termine avec le "Sing along" auquel participent la plupart des écoles du pays, le 31 à midi. Les élèves interpréteront simultanément, cette année, une chanson écrite par Bruce Taiapa, un élève de Gisborne seulement âgé de 13 ans.
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06.05.2012
Fleur Jack : « J'ai fait table rase du passé »
Animatrice vedette de la station Kiwi FM à Auckland depuis six ans, Fleur Jack s'apprête à tourner la page. Cette auteure-compositrice-interprète néo-zélandaise, qui vient de publier son tout premier album en solo, « Ghosts of Cimarron », et qui fut aussi pendant neuf ans l'une des voix du fameux groupe de rock The Twitch, veut désormais se consacrer à la chanson depuis les Etats-Unis où elle va s'installer en juin.
Fleur, ton premier album, « Ghosts of Cimarron » vient tout juste de sortir. Peux-tu nous rappeler dans quelles circonstances ce projet a vu le jour ?
Je joue depuis déjà un bon bout de temps, et j'étais particulièrement investie dans mon groupe de rock The Twitch au cours des neuf dernières années. Cependant, j'avais commencé à écrire des choses de mon côté, qui ne correspondaient pas au style de la formation. Je me suis dit qu'il était peut-être temps de commencer une nouvelle aventure musicale...
Le titre “Rock’n’roll Mirror” par la formation The Twitch, avec Fleur Jack :
Il y a quelques mois, alors que tu évoquais ce projet d'album, tu m'avais dit que tu espérais réunir assez de fonds par le biais du site Sellaband, qui permet aux artistes de recevoir l'aide de mécènes pour financer leurs projets d'enregistrement. Tu y es donc parvenue ?
Oui, tout à fait ! J'ai pu réunir les fonds nécessaires par ce biais. Des investisseurs du monde entier se sont investis dans ce projet pour me permettre de le mener à son terme. J'ai prélevé des fonds pendant environ une année avant de pouvoir entrer en studio. De la manière dont ça fonctionne, les personnes qui ont investi ont reçu chacune une copie du disque, ce qui fait que j'en ai déjà vendu un certain nombre avant même la sortie officielle de l'album.

Quels ont été les retours jusqu'ici ?
Plutôt bons, en fait. Les critiques ont été vraiment positives, ce qui fait toujours plaisir.
Il est vrai que ce disque est plein de surprises. Les chansons ont-elles été accumulées sur une longue période ou ont-elles été écrites en vue de cet album ?
Elles ont été écrites, pour l'essentiel, au cours de la période qui a précédé l'enregistrement, mais je suis d'accord avec toi : il n'y a pas une direction musicale unique. On y entend des chansons country, folk et même rock. Un univers qui me correspond musicalement. Et si c'est vrai que ça tire un peu dans toutes les directions, je veux croire qu'on y trouve quand même une certaine cohésion. C'est mon premier album, et il n'est pas dit que j'ai encore totalement trouvé ma voie...
Le clip de “Wild Ride”, troisième single extrait du premier album de Fleur Jack :
Où as-tu enregistré ton album et qui l'a réalisé ?
Il a été enregistré à Auckland, aux Lab Studios. Nous l'avons réalisé nous-mêmes. Nous avons enregistré les pistes musicales, avec mon groupe, les Jandals, dans les conditions du « live » pendant trois jours. Puis nous avons réalisé les pistes vocales avec l'aide de mon beau-père, Andy Tait. Oliver Harmer en a réalisé le mixage et le mastering a été effectué par Bernie Grundman à Hollywood, dans le studio où a été masterisé l'album « Thriller » de Michael Jackson.
Peux-tu nous dire quelques mots au sujet de ton groupe, The Jandals ?
J'ai rencontré Joel, le guitariste, à l'école de musique en 2003. Nous étions déjà amis depuis un moment. Le bassiste, Sims, était mon compagnon depuis environ huit ans mais il ne souhaitait pas vraiment faire partie du groupe car il travaillait sur d'autres projets. Il a donc fallu que je lui mette un peu la pression... C'est un musicien vraiment extraordinaire et je m'estime chanceuse d'avoir pu le convaincre à travailler avec nous. Scotty, le batteur, est le frère d'un ami et il s'est vite intégré à l'équipe; il est aussi très bon musicien. Peu après l'enregistrement de l'album, Sims et moi avons rompu et Scotty a quitté le groupe. Si bien que pour la soirée de lancement de l'album, Joel et moi avons dû faire appel à une autre section rythmique. Mais comme je m'apprête à déménager à Seattle, j'ai l'intention de poursuivre en solo pour un temps.
Tu viens de conclure une tournée en duo avec Katie Thompson, autre figure connue de la scène néo-zélandaise. Je crois qu'elle a obtenu pas mal de succès ?
Oui, ça s'est super bien passé. Nous n'étions que deux, Katie et moi. Nous effectuions un set chacune et nous nous retrouvions en duo pour un troisième set. Jusqu'ici, j'avais surtout tourné avec des mecs; c'était chouette de me retrouver avec une nana sur la route.
Katie Thompson (à gauche) et Fleur Jack lors de leur récente tournée néo-zélandaise.
Ça n'était effectivement pas ta première tournée. Tu t'es notamment représentée plusieurs fois à l'étranger...
C'est vrai. Je serais incapable de dire le nombre de tournées que j'ai effectuées : j'ai joué un peu partout en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Australie, à Hong-Kong, au Canada et aux Etats-Unis.
La video de “Olivia”, second extrait de l’album :
Comment as-tu appris à jouer de la guitare ?
En ce qui concerne la guitare, je suis autodidacte. Avant ça, j'avais fait du piano, de la trompette, et même de la basse. Disons que je peux jouer d'un certain nombre d'instruments sans être pour autant une experte.
Quand as-tu commencé à chanter ?
Je suis à peu près sûre d'être venue au monde en chantant. J'ai longtemps fait partie de chorales mais j'ai le sentiment de n'avoir pas avoir trouvé ma voix jusqu'au jour où j'ai quitté l'école. Toutefois, pour être honnête, je me considère encore assez moyenne en chant. C'est pourquoi j'envisage de prendre des leçons...

De quelle manière t'y prends-tu pour composer ? Est-ce que ce sont les paroles qui te viennent en premier ?
Je ne sais pas au juste comment ça arrive. Tout ce que je sais, c'est que quelque chose se passe. Chaque chanson est différente. Je n'ai pas de méthode particulière et je ne planifie rien. Les morceaux jaillissent un peu par miracle.
Quelle était ta principale source d'inspiration pour la chanson « Ghosts of Cimarron » ?
Cimarron est une ville du Nouveau Mexique où était situé l'hôtel Saint-James. Dans cette chanson, qui a donné son nom à l'album, je me suis attachée à restituer l'essentiel de l'histoire de cet hôtel, en m'inspirant de faits authentiques. Ce qui ne m'a pas empêché d'y associer une histoire de mon jus.
La vidéo de “Ghosts of Cimarron”, chanson qui a donné le titre à l’album :
Parallèlement à tes activités d'auteure-compositrice-interprète, tu es l'une des animatrices-vedette de la station de radio Kiwi FM, à Auckland... J'imagine que ces deux activités sont assez complémentaires...
En fait, pas du tout. Je dirais même que mon travail à la radio a sans doute ralenti ma carrière musicale. A chaque fois que j'ai connu un peu de succès avec ma musique, les gens s'imaginaient tout de suite que c'était grâce à mon activité à la radio. Pour être honnête, cela ne m'a jamais vraiment aidée ! D'ailleurs, je n'ai jamais joué mes propres chansons dans mes émissions. Ça fait six ans que je travaillais pour Kiwi FM. Je viens de démissionner dans le but de me consacrer totalement à la chanson. Une carrière que j'entends à présent mener à l'autre bout du monde.
Quels sont, précisément, tes projets pour les prochains mois ?
Pour commencer, je m'installe aux États-Unis le mois prochain. J'ai fait table rase du passé, bien décidée à entamer une nouvelle vie. Le monde entier est à ma portée et je suis très enthousiaste, même si je n'ai pas de plan à proprement parler.
Si tu avais un souhait à formuler, quel serait-il ?
J'aimerais que mon amoureux ne soit pas aujourd'hui à 7.000 milles de moi. Je voudrais me réveiller le 7 juin, date prévue de nos retrouvailles.
Propos recueillis et traduits de l'anglais le 3 mai 2012. Photos DR.
LIENS SYMPAS
Pour commander l'album "Ghosts of Cimarron"de Fleur Jack & The Jandals : le site néo-zélandais Amplifier (accès direct).
Le site officiel de Fleur Jack
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22.04.2012
Albums de légende. Will Crummer et le trésor de la boîte à chaussures
Avec sa voix de crooner à faire pâlir un Nat King Cole, Will Crummer fait partie de ces musiciens légendaires qui avaient été complètement oubliés pendant des décennies, à l’image du Buena Vista Social Club, des Cool Crooners ou des Jolly Boys. Ce vénérable papy, néo-zélandais d’adoption mais natif de Rarotonga, fut l’un des grands chantres de la musique polynésienne dans les années 1960 et n’avait rien enregistré depuis quarante ans. Son nouvel album, « Shoebox Lovesongs », qui fait déjà figure de classique, marque le retour d’un musicien dont le talent n’a d’égal que l’humilité.
Originaire du village de Turangi, à Rarotonga, Will Crummer n’a jamais oublié son enfance dans les îles Cook, la voix extraordinaire de sa mère qui couvrait, à l’église, celles de tous les autres paroissiens. Ces veillées nocturnes où, sur des instruments souvent bricolés, on se retrouvait à une dizaine dans un cadre paradisiaque pour égrener le répertoire traditionnel de la Polynésie. Will n’a pas non plus effacé de sa mémoire le gramophone de son grand-père, qui lui a fait découvrir les chansons d’un groupe légendaire, le Pokata Band. Ou l’avènement de la radio, qui crachotait les premières ritournelles des principaux crooners, qu’il s’agisse de Tim Reeves, Pat Boone ou Elvis Presley. Ainsi s’est peu à peu défini son style inimitable...
Quitter Rarotonga pour une île plus grande
Dès son adolescence, le Rarotongais était un habitué des radio-crochets qu’il remportait invariablement, lui faisant peu à peu prendre conscience de son potentiel. Au début des années 1960, son instinct le pousse ainsi à élargir ses horizons, à quitter Rarotonga, cadre devenu trop étriqué, « pour une île plus grande ». La Nouvelle-Zélande l’accueille à bras ouverts. Sa carrière connaît alors un nouvel essor. Il se produit dans les cabarets les plus en vue de la scène polynésienne à Auckland : le Reefcomber ou l’Orange Ballroom. Ses premiers enregistrements datent de cette époque. Publiés sur l’étiquette Viking Records, l’EP « Rarotonga » est rapidement suivi par l’album « Romantic Rarotonga », en 1962. Puis, dès l’année suivante, un nouvel EP, « Cook islands magic », voit le jour, suivi à son tour d’un album, « Love songs of Polynesia ». Des disques sans cesse réédités jusqu’au milieu des années 1970 et qui font de lui une véritable légende d’un bout à l’autre du Pacifique. Will Crummer ira d’ailleurs se produire aussi bien à Tahiti qu’à Hawaii à l’époque.
Les chansons de la boîte à chaussures
Avant de quitter son village natal pour la Nouvelle-Zélande, Will Crummer se lance toutefois dans un titanesque chantier d’archivage. Il décide de transcrire, de sa belle plume, quelques centaines de chansons du répertoire oral ancien, « par peur qu’elles ne se perdent ». Placé dans une boîte à chaussures, ce trésor sommeillait sous son lit depuis plusieurs décennies, jusqu’à ce que son fils, David, lui-même musicien en Australie, l’invite un jour à son domicile en lui proposant « d’apporter quelques-unes de ses chansons ». Ainsi exhumées de la boîte à chaussures, les hymnes du Pacifique Sud, chants transmis de façon orale de génération en génération, connaissent une nouvelle vie.
Produit par Nick Bollinger et Arthur Baysting, l’album « Shoebox Lovesongs » (littéralement « chansons d’amour de la boîte à chaussures »), voit finalement le jour en 2011 sur l’étiquette « Flowers of the heart ».
Sobriété de mise
Réalisé par le fameux Neil Baldock dans les non moins fameux studios Roundhead (de Neil Finn) à Auckland, le projet se cimente rapidement autour de collaborations plus enthousiasmantes les unes que les autres. On y voit notamment la fille de Will, Annie, elle-même star de la chanson néo-zélandaise – elle a notamment fait partie de la célèbre formation The Herbs et chanté sur un album de Enzso – y chanter en duo avec son père. On y remarque aussi, à la guitare lap steel, Stephen Jessup, du très populaire Wellington International Ukulele Orchestra, ainsi que les fameuses Yandall Sisters. Ou encore un quartet à cordes dirigé par le célèbre rocker néo-zélandais Don McGlashan. Si la musique des îles Cook se montre aujourd’hui très friande d’instrumentations modernes (synthés, boîtes à rythmes, guitares électriques), Will Crummer fait ici le pari d’un retour aux sources. La sobriété y est en effet de mise, et tous les amateurs de musique polynésienne y retrouveront l’ambiance des célèbres tamaaraas (fêtes tahitiennes) où interviennent seulement les instruments acoustiques : l’ukulele, bien entendu, mais aussi les guitares sèches, et les percussions polynésiennes parfois les plus insolites.
Le résultat est véritablement exceptionnel, ce qui fait de ce coffret un must pour tout amateur de musique polynésienne. Le CD est assorti d’un DVD documentaire, « Songs for a bigger island », qui retrace l’histoire du projet et comporte de nombreuses chansons filmées durant la session d’enregistrement.
La chanson "Aue Taku Tane" interprétée "live" par Will Crummer et sa fille Annie :
Pour commander l’album de Will Crummer
Le site en ligne d'Amplifier (lien direct pour l'achat du CD ou le téléchargement des chansons de l'album.
LIEN SYMPA
Le site MySpace de Will Crummer.
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21.03.2012
Midnight Youth en Europe en mai

La tournée annoncée cette semaine par Midnight Youth débutera sur la côte Ouest des Etats-Unis dès le 27 avril. Le groupe sera notamment à San Francisco le 1er mai puis à Los Angeles le 3 mai. En Europe, cinq concerts sont annoncés : à Berlin le 10 mai, à Amsterdam le 11 mai, à Londres le 15 mai et à Liverpool, Mecque du rock oblige, les 17 et 18 mai. La tournée se terminera en Asie, où trois concerts sont annoncés à Singapour du 22 au 26 mai.
DISCOGRAPHIE

"The Brave don't run", publié en 2009.

"World Comes Calling", sorti en octobre 2011.
09:27 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : midnight youth, canal kiwi, rock néo-zélandais
12.03.2012
Charlotte Johansen : "Sans musique, je tombe malade"

Canal Kiwi - J'aimerais, dans un premier temps, que tu nous dises de quelle partie de la Nouvelle-Zélande tu es originaire...
Charlotte Johansen - Je suis née dans la capitale de la Nouvelle-Zélande, Wellington, mais ma famille a déménagé peu après à New Plymouth, dans la région de Taranaki, à environ cinq heures de route de là. J'ai grandi dans cette ville située sur la côte ouest, non loin du célèbre volcan du Mont Egmont, jusqu'à l'âge de 7 ans. A cette époque, mon père, qui travaillait pour la compagnie Shell, a en effet été muté en Angleterre, où nous avons vécu pendant trois ans et demi. Ensuite, nous nous sommes retrouvés aux Pays-Bas, pour un autre séjour de trois ans et demi. Mais lorsqu'il a reçu une autre proposition de mutation, cette fois pour le Sultanat d'Oman, c'en fut trop pour ma mère, qui a tapé du poing sur la table. J'avais trois grands frères aînés qui étaient restés en Nouvelle-Zélande où ils étaient en pension. Elle a décidé qu'il était temps pour nous de rentrer au pays, et elle nous a ramenés, moi et ma sœur, dans ses bagages. Nous sommes retournés vivre dans notre maison familiale de New Plymouth, et j'ai donc effectué mes études secondaires dans cette ville.

Que retiens-tu de tes années à l’université ?
J’ai préparé une licence à l’Université de Christchurch. Mes sujets favoris étaient plutôt la sociologie ou la psychologie. Pour moi, les études supérieures représentaient une merveilleuse façon d’élargir mon horizon, une manière aussi de mieux appréhender le monde qui m’entourait, d’autant que ce dernier me semblait plutôt mal en point. Je remettais tout en cause à l’époque. Je m’interrogeais beaucoup sur l’existence. J’avais l’esprit critique. Cela m’a amenée à faire beaucoup de rencontres, des gens parfois très engagés, des anarchistes. J’ai exploré une grande partie de la Nouvelle-Zélande en auto-stop tout en jouant de la flûte, du saxophone et de la guitare. Je me cherchais, en fin de compte. Je voulais trouver ma voie et c’est la musique qui semblait davantage me correspondre. Je chantais beaucoup, mais je ne voyais pas l’intérêt de documenter ce que je faisais à l’époque. Honnêtement, je crois pourtant avoir composé quelques bonnes chansons pendant ces années-là, mais je n’ai jamais rien enregistré. A mon sens, et cela correspondait assez bien à mon état d’esprit de l’époque, les chansons voyaient le jour de manière spontanée autour de feux de camp et elles se suffisaient à elles-mêmes. Mais peu à peu, certaines personnes me demandaient de rejouer des chansons que je leur avais déjà chantées. Comme j’en étais le plus souvent incapable, j’ai commencé à me dire, à l’âge de 22-23 ans, qu’il était peut-être temps que je commence à coucher mes créations sur papier, voire à les enregistrer.
La vidéo de "Freedom rolling", chanson extraite de son premier album "There are hundreds of ways to kneel and kiss the ground" :
Où avais-tu appris la musique ? Est-ce que tu étais issue d’un environnement où celle-ci occupait une place importante ?
Non, pas vraiment. Mon père écoutait pas mal de musique classique et jouait assez bien du piano ; je pense qu’il aurait peut-être aimé être musicien, mais son métier ne lui en laissait pas le temps. Pour ma part, j’ai commencé la flûte dès neuf ans et jusqu’à l’âge de 15 ans. Et je commençais à m’en lasser, si bien que je me suis tournée vers le saxophone. Le problème, c’est que j’ai appris les deux instruments avec le même professeur, à partir d’un répertoire semblable et un peu trop scolaire. C’est sans doute ce qui m’a amenée à m’intéresser à la guitare. Un ami m’a enseigné trois accords et j’ai commencé à jouer sur une chanson de Sinéad O’Connor, « Black boys on mopeds ». J’adorais son album « I do not want what I haven’t got ». Je crois que c’est cet album qui m’a fait fait prendre conscience qu’il était possible de chanter des choses fortes, politiquement engagées, sur de belles melodies. J’ai beaucoup joué les chansons de cet album pendant un an.
Ton premier groupe s’est appelé Plum, mais je crois que l’expérience fut très éphémère, non ?
On a fait une seule répétition et donné un concert unique. On s’était rencontrés un soir de tempête dans un pub, The Mussel Inn, à Takaka. On avait fini la soirée à la maison où nous avons joué jusqu’à l’aube. Le courant passait tellement bien entre nous, musicalement, que nous avons proposé un gig au pub River Inn à deux pas du bar où l’on s’était rencontrés, la semaine suivante. C’était très spontané, et c’est ce que j’aime avec la musique ! Quand on explore de nouvelles choses entre musiciens, quand on improvise…
Et pourquoi n’avez-vous pas continué ensemble ?
Comme je le disais, ce premier concert s’est organisé de manière très spontanée. Nous nous sommes quittés de la même façon, en nous disant « à la prochaine ! », mais nous n’avons pas eu d’autres occasions par la suite… Je suis retournée peu après vivre à New Plymouth, où je suis restée deux années de plus. Je me suis beaucoup investie, à l’époque, dans des productions locales de théâtre. J’ai notamment joué dans une production locale de la comédie musicale « Hair », une expérience que j’ai vraiment adorée. Cela m’a encouragée à me présenter au concours d’entrée d’une école de musique où j’ai été admise. Mais mes parents me mettaient beaucoup la pression à l’époque, me laissant entendre qu’il était peut-être temps que je songe à une carrière plus conventionnelle. Du coup, je me suis dégonflée et me suis lancée à la place dans des études pour devenir enseignante.
Qu’est-ce que ça a donné ?
Je n’étais vraiment pas faite pour ça… J’ai obtenu mon diplôme, mais je n’ai enseigné qu’un trimestre. Je détestais ça. Je suis même tombée malade tellement je n’étais pas à ma place… J’ai donc démissionné avec la certitude, pour la première fois peut-être dans ma vie, de ce que je voulais vraiment faire… Si je me coupe de la musique, je tombe malade, c’est aussi simple que cela !
C’est à ce moment-là que tu as choisi de suivre ton petit ami néo-zélandais à Toronto ?
Tout à fait ! Je venais à l’époque de faire la connaissance de Jon, qui est aujourd’hui mon mari, qui avait décidé de s’en aller vivre au Canada. J’étais très amoureuse et je ne me voyais pas rester derrière lui… Il est donc parti et je l’y ai rejoint trois mois plus tard. Jon est informaticien, mais il est aussi bassiste, et notre idée était de faire de la musique. Il avait rencontré un Canadien lors d’un voyage au Japon quelques années plus tôt, et c’est par l’intermédiaire de ce contact qu’il a pu trouver du boulot à Toronto. C’était un boulot très conventionnel, mais qui payait bien. De quoi nous permettre de payer nos factures tout en continuant à nous dédier à notre passion pour la musique.
Et c’est précisément au Canada que tu as enregistré ton premier album, « There are hundreds of ways to kneel and kiss the ground », en 2002…
Absolument. Pour la première fois dans ma vie, j’avais enfin une idée assez précise de ce que je voulais faire. Sans doute parce que ce que nous vivions découlait de nos propres choix… Et comme nous donnions beaucoup de concerts, nous avons fait des rencontres très enrichissantes. Toronto est une ville vraiment fantastique ! La scène musicale y est vraiment très dynamique. Cette année-là, nous avons dû toutefois rentrer en Nouvelle-Zélande, mais nous avions tellement la certitude que nous retournerions au Canada que nous y avons laissé la plupart de nos affaires. Mais bien entendu, une fois rentrés au pays, il fallait que nous recommencions à travailler afin de pouvoir financer notre retour… En fin de compte, cela ne s’est pas fait, la vie en Nouvelle-Zélande ayant peu à peu repris ses droits… Nous avons retrouvé nos amis et avons fini par rester…
Vous n’êtes donc pas retournés là-bas par la suite ?
Si en fait, en juin 2004. J’ai été invitée à me produire au festival North by North East (NXNE). Sur les 400 artistes présents, j’étais la seule Néo-Zélandaise. J’ai profité d’être à nouveau au Canada pour enregistrer cinq nouvelles chansons qui ont été publiées peu après au Canada et en Nouvelle-Zélande, sous le nom de « Yes Charlotte ». La première fois s’était tellement bien passée avec Dave Samuels, qui est guitariste et ingénieur du son, que je voulais de nouveau travailler avec lui. Il est si rare d’arriver à s’accorder de la sorte entre musiciens… On s’entend vraiment à merveille ! Après la sortie de cet EP en Nouvelle-Zélande, j’ai donné 18 concerts en trois semaines.
Après la sortie de « Yes Charlotte » en 2005, il aura fallu attendre novembre 2011 avant de découvrir de nouvelles chansons avec la sortie de l’album « Upon waking dream ». Pourquoi tant d’années ?
D’une part, je suis devenue maman, et j’ai souhaité m’investir à fond dans l’éducation de ma fille. Cela ne m’a pas empêchée de continuer à écrire, cependant, et les chansons se sont ainsi accumulées durant quelques années. Lorsque je me suis enfin sentie prête, il m’a fallu trois années de plus pour les enregistrer. Malgré tout, je crois que si j’ai mis autant de temps à finaliser cet album, c’est aussi parce qu’une partie de moi doutait… A présent, ces doutes sont derrière moi ; la musique est une évidence dans ma vie. Mon souhait, désormais, c’est que l’attente ne soit pas aussi longue jusqu’au prochain album.
Les chansons "Plaything" et "Longing for you" interprétées "live" sur Kiwi FM :
Avec qui as-tu collaboré pour cet album ?
J’ai travaillé avec Richard Ingamells à Auckland, qui en plus d’être un extraordinaire ingénieur du son est aussi très bon guitariste. Il y avait aussi mon mari, Jon Postlethwaite à la basse, Yair Katz à la batterie, Nick Connor à la trompette, Jennifer Eirena dans les chœurs, l’altiste Greg McGarity et Jonathan Kuttner au violoncelle.
En filigrane, il y a une très belle et triste histoire, celle de Tama, l’enfant de Richard Ingamells…
Je n’avais pas d’argent pour entrer en studio et c’est Richard qui m’a proposé de l’enregistrer chez lui pour diminuer les coûts… J’avais tout planifié : nous devions enregistrer toutes les pistes en 14 jours : guitare, batterie, basse, trompette, etc. En attendant, Richard et sa compagne ont effectué un séjour aux îles Samoa en 2009, lorsqu’un séisme est survenu, suivi d’un tsunami. La compagne de Richard, qui était enceinte de huit mois, a accouché prématurément et dans des conditions difficiles, vu les circonstances. Le bébé n’a pas pu obtenir les soins nécessaires. Ils sont donc rentrés en Nouvelle-Zélande avec un bébé très malade. De nombreuses complications s’ensuivirent, avec de multiples séjours à l’hôpital. Lorsqu’il était à la maison, Tama était raccordé en permanence à un appareil respiratoire. C’est dans ce contexte que Richard m’a proposé d’enregistrer l’album. Puisqu’il était cloué à la maison de toute façon, il m’a dit qu’il préférait en profiter pour faire l’enregistrement… Comme je l’ai dit, j’avais prévu 14 jours d’enregistrement : en réalité, à raison de plusieurs heures d’enregistrement une ou deux fois par semaine, nous y étions toujours neuf mois et demi plus tard ! L’état de santé de Tama nous a naturellement obligés à reporter des sessions… Mais ce fut une période très intense sur le plan émotionnel. Malgré les soins et l’amour dont il était l’objet, le plus triste est que Tama n’a pas survécu. Il est finalement décédé à la fin 2010. Il n'avait que 14 mois. J’ai souhaité lui dédier cet album car cet enfant aura été, d’un bout à l’autre de notre projet, intimement lié à cette aventure…
La chanson "Tsunami Boy", écrite par Richard Ingamells pour son fils Tama, à qui l'album de Charlotte Johansen est dédié :
Avec le temps, as-tu le sentiment que ton écriture évolue ?
Je crois que je me suis améliorée. Il y a davantage de poésie dans mon écriture, il me semble. Mais sans être présomptueuse, je pense que je peux aller encore plus loin.
L’industrie musicale a beaucoup évolué au cours de la dernière décennie. Es-tu optimiste ?
Je crois qu’il va falloir que les artistes redoublent de créativité à l’avenir. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut vraiment plus aujourd’hui compter sur les ventes de disques. Je crois que l’avenir est probablement dans la scène, qui demeure l’endroit privilégié de la communion avec le public. Ça tombe bien, c’est ce que j’aime par-dessus tout. C’est une seconde nature chez moi. J’adore interpréter mes chansons en public. Maintenant plus que jamais auparavant ! Aujourd’hui, les musiciens font face à de multiples défis. Il faudra se montrer de plus en plus habile pour arriver à faire entendre nos créations… Certains artistes ont développé, au cours des dernières années, des techniques de promotion très astucieuses. Et je suis persuadée que s’il fallait ôter toute musique de nos vies, nous perdrions vite la tête ! Hélas, les gens ont parfois tendance à prendre pour acquis la musique et les musiciens. Je me demande parfois s’ils réalisent à quel point la musique est cruciale : c’est la BO de leur existence. Imaginez une cérémonie d’obsèques sans musique. Généralement, nous choisissons des morceaux qui reflètent la personnalité du défunt.
Parle-nous de la vidéo de « Plaything », pour laquelle tu as dû revêtir une robe d’époque…
C’est un très bon souvenir. Je me suis éclatée sur ce tournage ! C’est une façon tellement chouette de faire la promotion d’une chanson, non ? Je suis personnellement très satisfaite du résultat et je voudrais faire d’autres vidéos de ce genre. Un ami réalisateur, Hugh, travaille d’ailleurs sur un nouveau projet.
La vidéo de Plaything, extrait de l'album "Upon waking... dream" :
Et tu continues à écrire par ailleurs ?
Absolument ! J’ai un grand carnet noir qui me suit partout et où je note toutes les idées qui me passent par la tête. J’en ai huit, des carnets comme ça… J’accumule pas mal d’écrits avant de passer à la phase sélective. Lorsque j’en suis là, je m’interroge : « Est-ce que ça ferait une bonne chanson ? » Je peaufine actuellement deux nouvelles chansons. L’une a été écrite après le décès de mon père, l’an dernier et parle de notre relation. Celui-ci nous disait que parfois, il faut admettre le fait qu’on doive se tenir sur les épaules d’un géant pour entrevoir une parcelle de notre propre génie. Pour moi, cette expression veut dire que nous avons tous besoin des autres. Que la qualité des gens qui nous entourent est pour beaucoup dans la réalisation de nous-mêmes. J’ai longtemps pensé que mon père ne pensait pas grand-chose de moi parce que je n’étais pas devenue avocate ou médecin. Mais lorsqu’il est parti, on m’a fait comprendre qu’il m’avait en fait toujours soutenue et qu’il était très fier de moi. Peut-être qu’il n’avait pas toujours su l’exprimer comme j’aurais voulu, voilà tout… Le jour de la sortie de l’album, je l’ai vraiment senti à mes côtés. C’était incroyable.
PROPOS recueillis et traduits de l’anglais par Canal Kiwi. Interview réalisée en partenariat avec le site Le Monde de Titus.
PHOTOS : Kerri Vernon, Carrie Dobbs, Michaela Stoneman et Charlie Kim..
BONUS
La vidéo de « Longing for you »
Charlotte Johansen : « J’avais remporté un prix pour cette chanson qui est apparue la première fois sur mon album « There are hundreds of ways to kneel and kiss the ground », il y a environ cinq ans. Le batteur de mon groupe de l’époque avait souhaité qu’on en fasse une vidéo. Je n’étais pas satisfaite de l’enregistrement original, si bien que nous avons décidé de la réenregistrer pour « Upon waking dream ». Il n’est pas impossible qu’on retire cette vidéo à un moment donné, ou qu’on en fasse une nouvelle, avec le nouvel enregistrement… »

LIENS SYMPA
La musique de Charlotte Johansen est téléchargeable depuis son site officiel
ou depuis son site Bandcamp.
Le site MySpace de l’artiste :
La page Facebook de Charlotte Johansen
DISCOGRAPHIE
"There are hundreds of ways to kneel and kiss the ground", publié le 4 octobre 2002.
"Yes Charlotte", publié le 1er janvier 2005.
"Upon waking dream", publié le 21 novembre 2011.
22:03 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : charlotte johansen
19.01.2012
Le Top 5 des Néo-Zélandais en 2011
Nous avons demandé à trois Néo-Zélandais triés sur le volet de nous présenter leurs cinq albums préférés de l’année 2011. Seule condition : qu’il s’agisse de musiciens kiwis, bien sûr. Le résultat est tout à fait à la hauteur de nos attentes : diversifié à souhait, il fait la part belle aux découvertes, ce qui était, à vrai dire, le but de l’exercice…
Stephen O’Hoy est le directeur du site de musique en ligne néo-zélandais Amplifier, l’un des plus vieux sites légaux de téléchargement au monde. Il dirige aussi l’entreprise Digital Rights Management NZ, en plus de siéger au conseil d’administration de Independent Music New Zealand. Stephen est aussi le père s’une petite fille d’un an dont il se dit très fier.
"Kia ora, voici mes cinq albums favoris de l’année 2011 :
The Yoots - Sing Along With the Yoots
Ce groupe né en 2006 autour de Joe Lindsay, fameux tromboniste mieux connu sous le surnom de Hopepa, compte aujourd’hui près d’une douzaine de musicos. Leur musique débridée et fraîche oscille entre calypso-ska et country-soul.
Will Crummer - Shoebox Love Songs
Cette légende néo-zélandaise de la musique polynésienne n’avait pas sorti de disque depuis presque quatre décennies. L’album est assorti d’un DVD documentaire de 50 minutes réalisé par Costa Botes et contant l’histoire derrière la musique de Will Crummer. L’album a été enregistré à la fin de l’année 2010 dans les studios de Neil Finn à Auckland.
Andrew Keoghan - Arctic Tales Divide
Le premier album d’Andrew Keoghan, auteur-compositeur polyinstrumentiste de formation classique (il a étudié le chant et le violon). Le premier single, intitulé « ça va bien merci », est en vente depuis septembre 2011 sur ITunes. Il s’agit d’une chanson influencée par Gainsbourg qui a été beaucoup jouée sur Radio New Zealand National.
Cobra Khan – Adversities
Ce quintet d’Auckland n’avait rien publié depuis 2008. Le retour sur la scène « heavy » a été gagnant avec « Adversities » en 2011.
L.A. Mitchell - The Concept EP #2 with D:UNK
Bien connue pour ses antécédents dans le domaine du jazz, L.A. Mitchell a toujours aimé explorer de nouvelles avenues. Pour ce second EP collaboratif, elle a travaillé avec le DJ et producteur George Duncan (D :UN K). Le résultat, assez étonnant, se situe quelque part entre funk numérique et ballades soul.
Ka kite ano, Stephen
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Fleur Jack est animatrice à Kiwi FM, l’une des stations les plus écoutées d’Auckland. C’est aussi une musicienne : elle compose depuis l’âge de 8 ans et prépare actuellement la sortie de son tout premier album, prévue cet hiver, et pour lequel une levée de fonds a été lancée sur le site Sellaband.
Timothy Blackman - Everybody Needs Something to Hold Onto
J’étais en tournée en Amérique du Nord en septembre et Tim (lui aussi néo-zélandais) est venu me voir jouer au Laurelthirst Pub à Portland. Il m’a remis son CD en mains propres. Alors que je quittais Portland sur l’autoroute 101, j’ai écouté son disque et n’ai pu retenir mes larmes. C’est l’un des albums que j’ai le plus écoutés durant ma tournée. Il est extrêmement touchant.
The Checks - Deadly Summer Sway
The Checks est un groupe fondé à Auckland en 2002 ou 2003. Il s’agit de leur troisième album studio et ils n’ont cessé d’évoluer musicalement, et c’est ce que j’aime chez eux. Au départ, c’était un vrai groupe de rock’n’roll, mais ce dernier opus est plus réfléchi, sans doute un peu plus sombre aussi… Pour ceux qui veulent en savoir plus, leur site Web propose quelques clips assez zarbi qui méritent le détour.
The Nudge - Big Nudge Pie
Ce groupe venu de nulle part a fait irruption sur la scène néo-zélandaise cette année. Je les ai reçus dans mon émission de radio où ils ont joué live. Ce fut mon émission favorite de l'année 2011. Le disque est à la fois doux, rythmé, rock, psychédélique et même funky. La plus belle surprise de l’année en ce qui me concerne.
Newtown Rocksteady - Self Titled
Newtown Rocksteady est un groupe reggae de Wellington où je m’étais rendue pour interviewer James, de la formation The Nudge. C’est alors qu’il m’a remis le CD des Newtown, groupe dont il fait aussi partie. Il est impossible de ne pas se laisser entraîner par les rythmes contagieux de ce disque. C’est l’album idéal pour un trajet en voiture, les fenêtres grandes ouvertes et la pédale d’accélérateur au plancher.
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Arc of Ascent - Circle of the Sun
Voilà un « band » qui devrait contenter les amateurs de metal. J’ai découvert ce groupe de Hamilton au festival Stonerfest 2011 à Auckland. Leurs riffs sont diaboliques. C’est assez lourdingue pour pouvoir s’appeler metal mais il n’empêche qu’on arrive à danser sur leur musique. C’est vraiment un groupe à découvrir, à mon humble avis !
Cheers
Fleur
Un premier single de Fleur Jack est en vente sur le site de musique en ligne Amplifier. On peut l'écouter ici.
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Louise Hayward, qui est agent artistique pour la société Beacon Music Promotions Ltd à Auckland, confesse être une fan de la première heure des frères Finn (Tim et Neil). Or, il se trouve que la production de la famille Finn a été particulièrement abondante cette année, ce qui explique la tonalité de ses choix ! « Je suis toujours très enthousiaste à l’idée de voir arriver un nouvel album des Finn, alors vous pensez bien que quatre albums dans l’année, c’était carrément inespéré ! », souligne-t-elle.
Crowded House Intriguer Live – Start to Finish (CD + DVD)
C’est mon album favori de l’année 2011 ! Grâce à cet opus live combinant CD et DVD, je peux désormais revoir à loisir le concert d’une vie ! Filmé dans le cadre somptueux de l’hôtel de ville d’Auckland, ce show était magnifié par d’incroyables jeux de lumière. En écoutant cet album, j’ai eu l’impression de me retrouver entre amis, au milieu du public. La façon dont Neil Finn s’adresse à son public donne une idée de la magie inhérente aux concerts de Crowded House. Les plus récentes créations du groupe, ici mélangées à des classiques de toujours, font de ce disque l’un des meilleurs de la décennie, à mon sens.
Liam Finn - FOMO
La star néo-zélandaise de la pop rock indie, Liam Finn (qui n’est autre que le fils de Neil Finn), cartonne cette fois encore avec FOMO, son second opus. Fermez les yeux et vous pourrez l’imaginer sautant d’un instrument à l’autre, tel qu’il le fait à chacun de ses concerts. Ses chansons aux strates multiples révèlent un auteur-compositeur au sommet de son art. Parmi les chansons que je préfère : « Cold feet », qui chatouille les sens avec un certain bonheur ; « Jump your bones », avec Glen Kotche du groupe Wilco, et « Chase the seasons », où son frère Elroy joue des percussions.
Pajama Club
Je me suis toujours dit que certaines des meilleures chansons étaient écrites la nuit. Le Pajama Club fondé par Neil Finn et sa femme Sharon en sont un très bon exemple. Les morceaux osent aborder des sujets qui hantent nos nuits. Les mélodies sont éblouissantes, fidèles à la marque de fabrique des Finn. Mes chansons préférées : « Tell me what you want », « Diamonds in her eyes », dont l’intensité et la profondeur ne sont sans doute pas étrangères à l’implication de Sean Donnelly. Du bonheur à l’état pur !
Tim Finn - The view is worth the climb
Tim Finn n’est pas seulement l’un de nos plus grands auteurs-compositeurs, c’est aussi un vrai philosophe à ses heures. Son nouvel album est une célébration de la vie, des rêves réalisés ou pas, ou simplement du bonheur d’être en vie et d’arriver à en tirer le meilleur.
La chanson “People like us”, aux paroles splendides, repose sur un jeu de piano vraiment somptueux. Il me tarde déjà d’entendre l’album suivant !
Anna Coddington - Cat and Bird
Un ami m’a conseillé de visionner une video d’une chanson d’Anna Coddington et cela a suffi à faire de moi une fan. Ce qui explique qu’elle se retrouve, du coup, dans mon top 5. Cet album frais et emballant montre qu’Anna a un objectif et qu’elle sait ce qu’elle doit faire pour le mener à bien.
23:20 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : meilleurs albums néo-zélandais de 2011, fleur jack, louise hayward, stephen o'hoy
10.01.2012
Albums de légende. "How Bizarre" par OMC
S'il y avait un album de légende à citer et un seul au milieu de l'abondante Histoire du disque néo-zélandais, il serait difficile de zapper celui qui s'est le plus vendu à ce jour, à savoir "How Bizarre", de la formation OMC, Otara Milionaires Club. Curieusement, ce duo n'aura pondu qu'un album et quelques singles entre 1995 et 2007.
Il faut d'abord y voir un clin d'oeil. Un club des millionaires, ça se saurait s'il y en avait à Otara, qui est l'une des banlieues les plus déshéritées d'Auckland. Une cité principalement peuplée de maoris, et qui a vu naître les frères Philip et Pauly Fuemana. La formation OMC a été créée à l'origine par Philip, qui avait fait ses armes au sein des groupes Houseparty et Fuemana. Mais celui-ci abandonna finalement le projet OMC à son frère cadet Pauly. Ce dernier s'est associé au producteur Alan Jansson pour fonder le duo rendu célèbre par le succès international "How Bizarre", extrait de l'album éponyme sorti à la fin de l'année 1995.
Le sommet des "tops"
Au prestigieux classement de l'Australasian Performing Right Association, la chanson "How Bizarre" fait partie des plus grandes chansons néo-zélandaises de tous les temps. Et ce ne sont pas que des mots. Entre 1995 et 2000, OMC aurait vendu entre trois et quatre millions d'albums dans le monde entier. Durant des semaines entières, le duo a squatté le sommet de la plupart des hit-parades. "How Bizarre" fut aussi le single de l'année 1996 aux New Zealand Music Awards.
Un album et une poignée de singles, dont le succès écrasant de "How Bizarre", c'est l'essentiel de ce que l'Histoire retiendra d'OMC, d'autant que son principal protagoniste, Pauly Fuemana, est décédé en janvier 2010, à l'âge de 41 ans, des suites d'une pneumonie. Suivant de peu d'ailleurs son frère aîné Philip, décédé lui aussi à l'âge de 41 ans en 2005. De ce dernier, on se souviendra par ailleurs qu'il fut l'un des premiers Polynésiens à faire une incursion dans le domaine du hip-hop et du R&B. La semaine où Pauly Fuemana est décédé, la chanson "How Bizarre" est parvenue de nouveau à se frayer un chemin dans le TOP 40 néo-zélandais.
21:42 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : omc, otara millionaires club, auckland, pop néo-zélandaise, alan jansson, pauly fuemana
03.01.2012
Little Bushman : une gueule, une voix
On a souvent dit de la scène musicale néo-zélandaise qu'elle pouvait se montrer incestueuse à ses heures. L'histoire de la formation Little Bushman en est un assez bon exemple, ses membres fondateurs ayant eu auparavant l'opportunité de se croiser au sein de plusieurs groupes d'Aotearoa (Nouvelle-Zélande en maori). Avec son blues psychédélique inventif, teinté de folk lyrique, le groupe de Wellington est parvenu à se hisser au premier plan des formations rock de Nouvelle-Zélande.
Little Bushman, c'est avant tout une gueule et une voix, celle de son chanteur charismatique Warren Maxwell, issu de plusieurs groupes phares néo-zélandais, qu'il s'agisse de Fat Freddys Drop, de Trinity Roots ou du Village Jazz Quartet. C'est au sein de cette dernière qu'il a d'ailleurs rencontré le batteur et percussionniste Rick Cranson. Pour fonder, en 2004, ce qu'il est convenu d'appeler un quartet, se sont aussi ajoutés les frangins Tom et Joe Callwood, respectivement bassiste et guitariste. Le premier opus, "The Onus of sand", verra le jour en 2005. Un premier album plus sobre que les suivants, et dans lequel se sont aussi investis deux musiciens de Fat Freddys : Lisa Tomlins et Deva Mahal. Dans ce hors d’œuvre, Warren Maxwell a troqué le sax et la guitare qu'il arborait au sein de ses formations précédentes contre un piano Rhodes. Le naturel reviendra toutefois au galop dès le projet suivant, "Pendulum", sorti en 2007 et réalisé par Lee Prebble (Phoenix Foundation). Un album qui marque le véritable envol de la formation et où les musiciens du quartet empruntent des sentiers autrefois arpentés par Jimi Hendrix, Led Zeppelin ou Cream. Car Warren Maxwell et ses acolytes sont de dignes héritiers du rock des années 70. Dignes, car ils en repoussent encore les frontières.
Des concerts intenses
Pour ne rien perdre de l'intensité tapageuse des concerts qui ont fait une grande partie de la réputation de Little Bushman, le groupe met un point d'honneur, au moins au début, à enregistrer le plus possible ses disques dans les conditions du "live". Mais cela prend vite la forme d'une gageure, tant l'ensemble a su enrichir sa palette. Il faut dire que le groupe est aujourd'hui passé maître dans l'art du raffinement esthétique. De multiples strates se superposent, générant un son d'une amplitude et d'une complexité incroyables. Little Bushman ne se dévoile qu'à ceux qui s'en donnent vraiment la peine, qu'on se le dise.
"Te Oranga" au Top 20 2011
Le meilleur exemple de cette évolution est sans conteste l'album "Te Oranga", sorti en avril 2011, qui fait partie des 20 meilleurs albums néo-zélandais de l'année 2011, au classement compilé par le site Amplifier. En voici un extrait, "Big man", enregistré live à Sydney :
Little Bushman a aussi enregistré un album concert en 2009 au côté de l'Orchestre symphonique de Nouvelle-Zélande, le New Zealand Symphony Orchestra : "Live in concert with the NZSO". Ce "live" a été donné le 23 octobre 2009 sous la direction d'Hawish McKeith. Les arrangements sont signés du compositeur néo-zélandais John Psathas.
Voici, dans l'ordre chronologique, les pochettes des quatre albums de Little Bushman :




LIENS SYMPA
Le site officiel de Little Bushman.
Le site MySpace du groupe.
Le site d'Amplifier pour écouter toute leur discographie (et commander éventuellement leur musique).
23:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : little bushman, rock néo-zélandais, blues, te oranga, warren maxwell
17.12.2011
Crowded House. Radioscopie d'une tournée
Les aficionados de la formation australo-néo-zélandaise Crowded House ne voudront sans doute pas manquer la sortie de ce joli coffret proposé depuis peu par la société américaine Kufala, spécialisée dans la distribution d'enregistrements publics et de fameux bootlegs (et qui propose, en outre, un packaging totalement dépourvu de plastique).
D'Auckland à Denver
"Intriguer live - Start to finish", qui comprend deux CD et un DVD, retrace la récente tournée du groupe après la sortie, en 2010, de son album "Intriguer". Si le coffret a été baptisé "Start to finish", c'est parce que le DVD propose un enregistrement du tout premier concert de la tournée, filmé le 8 avril 2010 à Auckland, tandis que les deux CD offrent 22 chansons enregistrées lors du dernier show, le 9 septembre 2010, à Denver, au Colorado. Un très bon "live" d'ailleurs, avec des versions remarquables d'anciens classiques ("It's only natural", "Nails in my feet", etc.) et d'excellentes interprétations de chansons plus récentes, extraites des albums "Time on earth" et "Intriguer", notamment "Amsterdam", "Archer's arrows" ou "Don't stop now".
Pour commander
Paiement sécurisé en ligne sur Kufala.
(Environ 30 $ US + frais de port pour le coffret).
La chanson "Twice if you're lucky", de l'album "Intriguer", ici enregistrée à Londres (Hammersmith) le 9 juin 2010, dans le cadre de la tournée "Intriguer Live", un titre que l'on retrouve en ouverture du second CD :
10:39 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crowded house, rock néo-zélandais, intriguer live, kufala, start to finish
04.11.2011
Anika Moa, fière d'être maorie
Avec Bic Runga, Anika Moa fait partie de ces rares artistes d'origine maorie ayant obtenu un succès notable à l'extérieur de la Nouvelle-Zélande. Son quatrième album, "Love in motion", dédié à sa muse et compagne, lui a permis de ravir, en 2010, le prix de la meilleure artiste féminine aux New Zealand Music Awards. Tout un symbole !
Originaire de la région de Christchurch, Anika Moa n'a pas connu une enfance insouciante, loin s'en faut. Alors qu'elle était toute petite, son père, Tia Moa, chanteur et guitariste maori de la formation Horizon dans les années 1980, a quitté le domicile familial, laissant le soin à sa femme, Bernie, de l'élever seule. Anika Moa a souvent fait part, lors d'interviews, de souvenirs ternis par la violence familiale ambiante. Ceci explique sans doute son engagement sans cesse renouvelé en faveur des refuges de femmes victimes de violence domestique. (L'an prochain, elle prévoit encore l'organisation d'un concert pour soutenir cette cause).
S'il a débuté de manière un peu chaotique, le parcours d'Anika Moa confine aussi parfois au conte de fée. A peine sortie de l'adolescence, elle remporte en effet un prestigieux concours de chant néo-zélandais qui lui permet de décrocher la lune, ou presque : la maison de disques américaine Warner Atlantic lui propose un premier contrat et l'installe à New York. Le succès est immédiat dès la sortie de "Thinking room", album sorti en 2001, dont les ventes furent assez phénoménales (double platine).
Parmi les tubes de son premier album figuraient les chansons "Good in my head", "Falling in love again", ou encore "Youthful", dont voici le clip :
L'énorme talent d'Anika Moa ne se révèle jamais autant que sur scène, où elle excelle dans l'art de divertir le public entre chacune de ses chansons. Ses concerts aux Etats-Unis se déroulent à guichets fermés et Warner pressent le coup juteux. La maison de disques américaine offre un pont d'or à l'artiste néo-zélandaise, qui, contre toute attente, refuse. La vie aux States ne lui convient pas. Son caractère bien trempé, très terre à terre, ne s'accomode pas du style de vie superficiel de starlette du showbiz. Elle décide donc de rentrer chez elle dès 2002 et se remet au travail. En 2005, toujours chez Warner, sort "Stolen hill".
Ses deux albums suivants sortiront chez Emi. A commencer par "In swings the tide", en 2007, où Anika rend notamment hommage à son père récemment décédé. Le clip suivant a été tourné à Amsterdam :
Aujourd'hui trentenaire et basée à Auckland, Anika Moa a épousé la danseuse burlesque australienne Angela Fyfe (de son nom d'artiste Azaria Universe) en février 2011. Cette dernière joue un rôle prépondérant à ses côtés : tout à la fois muse, manager à ses heures, elle est aussi depuis le mois de juillet la maman de deux petits jumeaux, et le couple n'a pas l'intention d'en rester là, Anika ayant laissé entendre qu'elle comptait bien devenir maman à son tour.
Dans son quatrième album, "Love in motion", sorti en mars 2010, Anika rend un hommage appuyé à cette femme qu'elle vénère, et dont elle ne peut imaginer d'être séparée. Enregistré en partie aux studios Roundhead de Neil Finn à Auckland, et Boatshed de Bruce Lynch à Bayswater, l'album présente une facette plus rock (et moins pop) d'Anika. Les thématiques abordées dans les chansons dévoilent aussi une plus grande maturité. "C'est la première fois que j'ai vraiment réfléchi au préalable à ce que je voulais vraiment faire", a-t-elle expliqué à la presse néo-zélandaise; "j'ai énormément travaillé en amont et nous avons enregistré l'album en seulement quelques semaines".
Le disque a été coproduit avec Andre Upston et enregistré avec son groupe composé de Chip Mathews, Feoff Maddock, Nick Gaffaney et Godfrey de Grut. La chanson "Blame it on the rain" est le second single extrait de cet album :
Artiste fortement attachée à ses origines maories, Anika Moa a aujourd'hui le projet d'enregistrer un album dans cette langue, même si cela représente un défi plus important qu'elle ne se l'était imaginé de prime abord. "Je veux adapter mon son et l'écriture pop à cette très vieille langue. Cela n'est pas facile, mais je suis certaine de pouvoir y parvenir", confiait-elle récemment à Angela Crane, du magazine néo-zélandais Good.
A noter, début novembre, vient de paraître l'album "Love in motion covers", où une dizaine de ses amis (parmi lesquels Julia Deans) ont repris les chansons de son album "Love in motion".
LIENS SYMPA :
Le site officiel de l'artiste.
Le site MySpace d'Anika Moa.
00:07 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anika moa, love in motion, nouvelle-zélande, maoris, christchurch












