09.05.2012

Mai, le mois de la musique en Nouvelle-Zélande

NZMM2012-.jpgCréé dans un premier temps dans le but de favoriser la diffusion d'artistes néo-zélandais à la radio, le Mois de la musique néo-zélandaise ("NZ Music Month") est devenu au fil des ans un événement culturel incontournable. Tous les ans, au mois de mai, la musique y est au coeur de tout.

Par analogie, on pourrait comparer le New Zealand Music Month à la Fête de la musique, créée en France dans les années 80. Mais là-bas, il s'agit d'une Fête de la musique puissance 31, puisque l'événement s'y déroule sur un mois complet. Voilà sans doute qui démontre, s'il en était besoin, que la musique, en terre kiwie, est chose à ne pas prendre à la légère.

Du 1er au 31 mai, les initiatives ne manquent pas : concerts, multiples lancements d'albums, portes ouvertes, expositions, séminaires, tremplins et concours, etc. L'initiative ne se confine pas à l'intérieur des frontières néo-zélandaises; deux showcases sont ainsi notamment prévus en Grande-Bretagne : à Brighton le 12 mai, et à Liverpool le 17. Histoire de présenter un échantillon de ce qui se fait de mieux aujourd'hui aux antipodes.

Et comme il faut bien conclure en beauté, le mois se termine avec le "Sing along" auquel participent la plupart des écoles du pays, le 31 à midi. Les élèves interpréteront simultanément, cette année, une chanson écrite par Bruce Taiapa, un élève de Gisborne seulement âgé de 13 ans.

06.05.2012

Fleur Jack : « J'ai fait table rase du passé »

auckland,nouvelle-zélande,fleur jackAnimatrice vedette de la station Kiwi FM à Auckland depuis six ans, Fleur Jack s'apprête à tourner la page. Cette auteure-compositrice-interprète néo-zélandaise, qui vient de publier son tout premier album en solo, « Ghosts of Cimarron », et qui fut aussi pendant neuf ans l'une des voix du fameux groupe de rock The Twitch, veut désormais se consacrer à la chanson depuis les Etats-Unis où elle va s'installer en juin.
 

Fleur, ton premier album, « Ghosts of Cimarron » vient tout juste de sortir. Peux-tu nous rappeler dans quelles circonstances ce projet a vu le jour ?

Je joue depuis déjà un bon bout de temps, et j'étais particulièrement investie dans mon groupe de rock The Twitch au cours des neuf dernières années. Cependant, j'avais commencé à écrire des choses de mon côté, qui ne correspondaient pas au style de la formation. Je me suis dit qu'il était peut-être temps de commencer une nouvelle aventure musicale...

Le titre “Rock’n’roll Mirror” par la formation The Twitch, avec Fleur Jack :

Il y a quelques mois, alors que tu évoquais ce projet d'album, tu m'avais dit que tu espérais réunir assez de fonds par le biais du site Sellaband, qui permet aux artistes de recevoir l'aide de mécènes pour financer leurs projets d'enregistrement. Tu y es donc parvenue ?


Oui, tout à fait ! J'ai pu réunir les fonds nécessaires par ce biais. Des investisseurs du monde entier se sont investis dans ce projet pour me permettre de le mener à son terme. J'ai prélevé des fonds pendant environ une année avant de pouvoir entrer en studio. De la manière dont ça fonctionne, les personnes qui ont investi ont reçu chacune une copie du disque, ce qui fait que j'en ai déjà vendu un certain nombre avant même la sortie officielle de l'album.

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Quels ont été les retours jusqu'ici ?

Plutôt bons, en fait. Les critiques ont été vraiment positives, ce qui fait toujours plaisir.

Il est vrai que ce disque est plein de surprises. Les chansons ont-elles été accumulées sur une longue période ou ont-elles été écrites en vue de cet album ?

Elles ont été écrites, pour l'essentiel, au cours de la période qui a précédé l'enregistrement, mais je suis d'accord avec toi : il n'y a pas une direction musicale unique. On y entend des chansons country, folk et même rock. Un univers qui me correspond musicalement. Et si c'est vrai que ça tire un peu dans toutes les directions, je veux croire qu'on y trouve quand même une certaine cohésion. C'est mon premier album, et il n'est pas dit que j'ai encore totalement trouvé ma voie...

Le clip de “Wild Ride”, troisième single extrait du premier album de Fleur Jack :

Où as-tu enregistré ton album et qui l'a réalisé ?


Il a été enregistré à Auckland, aux Lab Studios. Nous l'avons réalisé nous-mêmes. Nous avons enregistré les pistes musicales, avec mon groupe, les Jandals, dans les conditions du « live » pendant trois jours. Puis nous avons réalisé les pistes vocales avec l'aide de mon beau-père, Andy Tait. Oliver Harmer en a réalisé le mixage et le mastering a été effectué par Bernie Grundman à Hollywood, dans le studio où a été masterisé l'album « Thriller » de Michael Jackson.

Peux-tu nous dire quelques mots au sujet de ton groupe, The Jandals ?

auckland,nouvelle-zélande,fleur jackJ'ai rencontré Joel, le guitariste, à l'école de musique en 2003. Nous étions déjà amis depuis un moment. Le bassiste, Sims, était mon compagnon depuis environ huit ans mais il ne souhaitait pas vraiment faire partie du groupe car il travaillait sur d'autres projets. Il a donc fallu que je lui mette un peu la pression... C'est un musicien vraiment extraordinaire et je m'estime chanceuse d'avoir pu le convaincre à travailler avec nous. Scotty, le batteur, est le frère d'un ami et il s'est vite intégré à l'équipe; il est aussi très bon musicien. Peu après l'enregistrement de l'album, Sims et moi avons rompu et Scotty a quitté le groupe. Si bien que pour la soirée de lancement de l'album, Joel et moi avons dû faire appel à une autre section rythmique. Mais comme je m'apprête à déménager à Seattle, j'ai l'intention de poursuivre en solo pour un temps.

Tu viens de conclure une tournée en duo avec Katie Thompson, autre figure connue de la scène néo-zélandaise. Je crois qu'elle a obtenu pas mal de succès ?

Oui, ça s'est super bien passé. Nous n'étions que deux, Katie et moi. Nous effectuions un set chacune et nous nous retrouvions en duo pour un troisième set. Jusqu'ici, j'avais surtout tourné avec des mecs; c'était chouette de me retrouver avec une nana sur la route.

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Katie Thompson (à gauche) et Fleur Jack lors de leur récente tournée néo-zélandaise.


Ça n'était effectivement pas ta première tournée. Tu t'es notamment représentée plusieurs fois à l'étranger...

C'est vrai. Je serais incapable de dire le nombre de tournées que j'ai effectuées : j'ai joué un peu partout en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Australie, à Hong-Kong, au Canada et aux Etats-Unis.

La video de “Olivia”, second extrait de l’album :

Comment as-tu appris à jouer de la guitare ?


En ce qui concerne la guitare, je suis autodidacte. Avant ça, j'avais fait du piano, de la trompette, et même de la basse. Disons que je peux jouer d'un certain nombre d'instruments sans être pour autant une experte.

Quand as-tu commencé à chanter ?

Je suis à peu près sûre d'être venue au monde en chantant. J'ai longtemps fait partie de chorales mais j'ai le sentiment de n'avoir pas avoir trouvé ma voix jusqu'au jour où j'ai quitté l'école. Toutefois, pour être honnête, je me considère encore assez moyenne en chant. C'est pourquoi j'envisage de prendre des leçons...

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De quelle manière t'y prends-tu pour composer ? Est-ce que ce sont les paroles qui te viennent en premier ?

Je ne sais pas au juste comment ça arrive. Tout ce que je sais, c'est que quelque chose se passe. Chaque chanson est différente. Je n'ai pas de méthode particulière et je ne planifie rien. Les morceaux jaillissent un peu par miracle.

Quelle était ta principale source d'inspiration pour la chanson « Ghosts of Cimarron » ?

Cimarron est une ville du Nouveau Mexique où était situé l'hôtel Saint-James. Dans cette chanson, qui a donné son nom à l'album, je me suis attachée à restituer l'essentiel de l'histoire de cet hôtel, en m'inspirant de faits authentiques. Ce qui ne m'a pas empêché d'y associer une histoire de mon jus.

La vidéo de “Ghosts of Cimarron”, chanson qui a donné le titre à l’album :

Parallèlement à tes activités d'auteure-compositrice-interprète, tu es l'une des animatrices-vedette de la station de radio Kiwi FM, à Auckland... J'imagine que ces deux activités sont assez complémentaires...


En fait, pas du tout. Je dirais même que mon travail à la radio a sans doute ralenti ma carrière musicale. A chaque fois que j'ai connu un peu de succès avec ma musique, les gens s'imaginaient tout de suite que c'était grâce à mon activité à la radio. Pour être honnête, cela ne m'a jamais vraiment aidée ! D'ailleurs, je n'ai jamais joué mes propres chansons dans mes émissions. Ça fait six ans que je travaillais pour Kiwi FM. Je viens de démissionner dans le but de me consacrer totalement à la chanson. Une carrière que j'entends à présent mener à l'autre bout du monde.

Quels sont, précisément, tes projets pour les prochains mois ?

auckland,nouvelle-zélande,fleur jackPour commencer, je m'installe aux États-Unis le mois prochain. J'ai fait table rase du passé, bien décidée à entamer une nouvelle vie. Le monde entier est à ma portée et je suis très enthousiaste, même si je n'ai pas de plan à proprement parler.

Si tu avais un souhait à formuler, quel serait-il ?

J'aimerais que mon amoureux ne soit pas aujourd'hui à 7.000 milles de moi. Je voudrais me réveiller le 7 juin, date prévue de nos retrouvailles.


Propos recueillis et traduits de l'anglais le 3 mai 2012. Photos DR.

LIENS SYMPAS

auckland,nouvelle-zélande,fleur jackPour commander l'album "Ghosts of Cimarron"de Fleur Jack & The Jandals : le site néo-zélandais Amplifier (accès direct).

Le site officiel de Fleur Jack

Pour suivre l'artiste sur Twitter ou Facebook

04.11.2011

Anika Moa, fière d'être maorie

Moainblue.jpg Avec Bic Runga, Anika Moa fait partie de ces rares artistes d'origine maorie ayant obtenu un succès notable à l'extérieur de la Nouvelle-Zélande. Son quatrième album, "Love in motion", dédié à sa muse et compagne, lui a permis de ravir, en 2010, le prix de la meilleure artiste féminine aux New Zealand Music Awards. Tout un symbole !


Originaire de la région de Christchurch, Anika Moa n'a pas connu une enfance insouciante, loin s'en faut. Alors qu'elle était toute petite, son père, Tia Moa, chanteur et guitariste maori de la formation Horizon dans les années 1980, a quitté le domicile familial, laissant le soin à sa femme, Bernie, de l'élever seule. Anika Moa a souvent fait part, lors d'interviews, de souvenirs ternis par la violence familiale ambiante. Ceci explique sans doute son engagement sans cesse renouvelé en faveur des refuges de femmes victimes de violence domestique. (L'an prochain, elle prévoit encore l'organisation d'un concert pour soutenir cette cause).

S'il a débuté de manière un peu chaotique, le parcours d'Anika Moa confine aussi parfois au conte de fée. A peine sortie de l'adolescence, elle remporte en effet un prestigieux concours de chant néo-zélandais qui lui permet de décrocher la lune, ou presque : la maison de disques américaine Warner Atlantic lui propose un premier contrat et l'installe à New York. Le succès est immédiat dès la sortie de "Thinking room", album sorti en 2001, dont les ventes furent assez phénoménales (double platine).

Parmi les tubes de son premier album figuraient les chansons "Good in my head", "Falling in love again", ou encore "Youthful", dont voici le clip :





Moa.jpgL'énorme talent d'Anika Moa ne se révèle jamais autant que sur scène, où elle excelle dans l'art de divertir le public entre chacune de ses chansons. Ses concerts aux Etats-Unis se déroulent à guichets fermés et Warner pressent le coup juteux. La maison de disques américaine offre un pont d'or à l'artiste néo-zélandaise, qui, contre toute attente, refuse. La vie aux States ne lui convient pas. Son caractère bien trempé, très terre à terre, ne s'accomode pas du style de vie superficiel de starlette du showbiz. Elle décide donc de rentrer chez elle dès 2002 et se remet au travail. En 2005, toujours chez Warner, sort "Stolen hill".

Ses deux albums suivants sortiront chez Emi. A commencer par "In swings the tide", en 2007, où Anika rend notamment hommage à son père récemment décédé. Le clip suivant a été tourné à Amsterdam :





Aujourd'hui trentenaire et basée à Auckland, Anika Moa a épousé la danseuse burlesque australienne Angela Fyfe (de son nom d'artiste Azaria Universe) en février 2011. Cette dernière joue un rôle prépondérant à ses côtés : tout à la fois muse, manager à ses heures, elle est aussi depuis le mois de juillet la maman de deux petits jumeaux, et le couple n'a pas l'intention d'en rester là, Anika ayant laissé entendre qu'elle comptait bien devenir maman à son tour.

19256_Anika Moa.jpgDans son quatrième album, "Love in motion", sorti en mars 2010, Anika rend un hommage appuyé à cette femme qu'elle vénère, et dont elle ne peut imaginer d'être séparée. Enregistré en partie aux studios Roundhead de Neil Finn à Auckland, et Boatshed de Bruce Lynch à Bayswater, l'album présente une facette plus rock (et moins pop) d'Anika. Les thématiques abordées dans les chansons dévoilent aussi une plus grande maturité. "C'est la première fois que j'ai vraiment réfléchi au préalable à ce que je voulais vraiment faire", a-t-elle expliqué à la presse néo-zélandaise; "j'ai énormément travaillé en amont et nous avons enregistré l'album en seulement quelques semaines".

Le disque a été coproduit avec Andre Upston et enregistré avec son groupe composé de Chip Mathews, Feoff Maddock, Nick Gaffaney et Godfrey de Grut. La chanson "Blame it on the rain" est le second single extrait de cet album :




Artiste fortement attachée à ses origines maories, Anika Moa a aujourd'hui le projet d'enregistrer un album dans cette langue, même si cela représente un défi plus important qu'elle ne se l'était imaginé de prime abord. "Je veux adapter mon son et l'écriture pop à cette très vieille langue. Cela n'est pas facile, mais je suis certaine de pouvoir y parvenir", confiait-elle récemment à Angela Crane, du magazine néo-zélandais Good.

A noter, début novembre, vient de paraître l'album "Love in motion covers", où une dizaine de ses amis (parmi lesquels Julia Deans) ont repris les chansons de son album "Love in motion".


LIENS SYMPA :

Le site officiel de l'artiste.

Le site MySpace d'Anika Moa.