08.10.2011
Albums de légende. "True Colours" par Split Enz
Ce n'est pas un hasard si nous avons choisi de lancer cette rubrique "Albums de légende" avec "True Colours", cinquième opus de la formation néo-zélandaise mythique Split Enz. Cet album est en effet celui qui aura sans doute le plus contribué à faire reconnaître le rock néo-zélandais sur la scène internationale à partir de 1980.
La carrière de Split Enz n'a pas été immédiatement couronnée de succès. Née en 1971, la formation n'obtiendra une véritable reconnaissance qu'à partir de 1980, avec la sortie de True Colours. C'est à dire après de nombreuses années de vaches maigres, bien qu'ayant fait preuve d'une réelle créativité dès l'origine.
True Colours est sans aucun doute l'album qui marque un tournant dans la discographie du groupe. Il met en lumière les qualités de songwriter des frères Tim et Neil Finn, car la grande majorité des compositions sont de leur fait, en dehors des quelques instrumentaux écrits par le claviériste génial Eddie Rayner, à l'instar du très atmosphérique "The Choral Sea".
Une pochette aux multiples couleurs
L'album est aussi un collector en raison de sa pochette dessinée par Noel Crombie, par ailleurs percussionniste du groupe, mais aussi brillant designer des tenues et coiffures excentriques des membres de la formation. Pour "True Colours", Noel joue avec les formes géométriques qui laissent apparaître les lettres E N Z, pour Split Enz bien sûr, et NZ pour New Zealand, aussi. Autre originalité, la pochette se décline en de multiples couleurs : rouge, bleue, jaune, etc. Les fans les plus accros cherchant ainsi à obtenir autant de versions différentes de celle-ci.
Réalisant très vite le fort potentiel du groupe, la maison de disques Mushroom Records accompagne la sortie de l'album d'une importante campagne de pub. La chanson "I got you", écrite par Neil Finn et où l'on devine l'empreinte des Beatles, cartonne un peu partout dans le monde, arrivant en tête des charts en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Canada. Elle parvient aussi à la douzième place des charts en Grande-Bretagne et en 53ème place du Billboard américain. L'album, quant à lui, se hisse jusqu'au Top 40 en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.
Ce n'est pas le seul effet de "True Colours". Grâce à cet important succès, ce sont aussi les albums antérieurs de la formation qui commencent à mieux se vendre, les nouveaux fans cherchant à explorer le passé de ce groupe jusque-là encore assez méconnu...
Le clip de "I got you", en 1980, avec un très jeune Neil Finn, qui deviendra six ans plus tard le fondateur et leader de la formation Crowded House :
18:10 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, rock néo-zélandais, pop, split enz, neil finn, i got you, noel crombie
04.10.2011
Barry Saunders, le country boy de Taranaki
Pour beaucoup de Néo-Zélandais, le parcours artistique de Barry Saunders est indissociable de l'une des plus célèbres formations country du pays, Les Warratahs. C'est avec eux qu'il a signé ses premiers grands succès. Depuis les années 1990, c'est en solo qu'il mène sa barque, son dernier projet en date, la compilation "Far as the eye can see" ayant été particulièrement bien accueillie.
C'est à Taranaki, au sud-ouest de l'île du Nord, que le jeune Barry entend les premiers accords de musique country. Le transistor de sa mère, qui est toujours allumé dans la cuisine, crachote les ritournelles de Tom Dooley ou d'El Paso, ses premières grandes découvertes. Très tôt, son père remarque son intérêt pour la musique et lui achète une guitare. Elève à Hillmorton High, il crée son premier groupe, rêvant de suivre la trace de ses idoles, The Chants, un groupe néo-zélandais de R&B, soul et blues, mais aussi des Fab Four, dont les succès tournent depuis peu en boucle sur les ondes néo-zélandaises. Une fois encore, c'est son père qui servira de déclencheur à l'orientation qu'il donnera alors à sa vie. Un jour qu'ils travaillent tous deux chez un ami fermier, celui-ci se tourne en effet vers son fiston et lui dit : "Pourquoi ne laisses-tu pas tout tomber pour te consacrer à la musique, si c'est ça que tu aimes !" Ce sera le déclic : tout en travaillant pour les chemins de fer, Barry fonde le groupe Orange et joue des reprises des Doors dans un club, le Sweethearts. Suffisamment pour se faire remarquer car une proposition plus alléchante d'un autre club ne tarde pas. A condition "qu'il se lave et qu'il joue quelque chose de plus accessible".
L'abolition de la conscription lui donne des ailes
C'étaient les années 70, et en Nouvelle-Zélande comme dans le reste du monde, l'Histoire était en marche. Lorsque le gouvernement travailliste de Norman Kirk abolit la conscription en 1972, le jeune Barry se sent pousser des ailes. Pour la première fois de son existence, il sait qu'il deviendra musicien et décide de rejoindre l'Angleterre. A Londres, son ami, le batteur Richard Burgess, lui fait faire la connaissance de Jack McCarthy, qui dirigeait un groupe de musique traditionnelle irlandaise, les Dingle Spike. Ce dernier l'embauche comme bassiste et chanteur. Sa découverte de la musique irlandaise lui fait réaliser à quel point tout ce qu'il entend n'est pas sans lui rappeler les morceaux qui ont bercé son enfance...
De retour au pays, il se joint à la formation Rockinghorse et déménage dans la capitale où le groupe était basé. Puis, en 1980, se rend à Sydney (Australie) où il tourne abondamment avec le groupe The Tigers. Ces expériences successives confirment sans nul doute sa vocation, même si, au fond de lui, il est conscient de n'avoir pas encore trouvé sa voie en tant que songwriter. "J'avais accumulé pas mal de compos, mais je ne savais pas quoi en faire", admet-il aujourd'hui.
C'est de retour à Wellington, en 1982, qu'un nouveau tournant surviendra dans son cheminement d'artiste. C'est dans la capitale néo-zélandaise qu'il fonde The Warratahs, formation essentiellement acoustique comprenant fiddle, piano, guitare et mandoline. Le groupe enregistre ses premiers succès dans la foulée, à l'instar de "Maureen", "Fool's paradise" ou encore "Hands on my heart", dont voici la vidéo :
Après un album de reprises baptisé "Long shadows", Barry Saunders se consacrera ensuite à son premier véritable projet en solitaire, l'album "The Weatherman", sorti en 1995. Il sera suivi par "Magnetic Field", qui reçut le Best country album award en 1998, puis par "Red morning" (2002) et "Zodiac" (2008), tous deux produits par David Long. Plus récemment, Barry Saunders a publié une compilation de ses compos préférées, intitulée "Far as the eye can see", retraçant sa carrière en solo depuis 1995. Parmi ces chansons, le tube "Rescue me" que voici :
LIENS SYMPA
Le site MySpace de Barry Saunders.
Le site du disquaire néo-zélandais Amplifier, où il est possible d'écouter les succès de Barry Saunders.
23:57 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, barry saunders, country, the warratahs, country néo-zélandaise, pop, folk












