10.01.2012

Albums de légende. "How Bizarre" par OMC

omc.jpgS'il y avait un album de légende à citer et un seul au milieu de l'abondante Histoire du disque néo-zélandais, il serait difficile de zapper celui qui s'est le plus vendu à ce jour, à savoir "How Bizarre", de la formation OMC, Otara Milionaires Club. Curieusement, ce duo n'aura pondu qu'un album et quelques singles entre 1995 et 2007.

Il faut d'abord y voir un clin d'oeil. Un club des millionaires, ça se saurait s'il y en avait à Otara, qui est l'une des banlieues les plus déshéritées d'Auckland. Une cité principalement peuplée de maoris, et qui a vu naître les frères Philip et Pauly Fuemana. La formation OMC a été créée à l'origine par Philip, qui avait fait ses armes au sein des groupes Houseparty et Fuemana. Mais celui-ci abandonna finalement le projet OMC à son frère cadet Pauly. Ce dernier s'est associé au producteur Alan Jansson pour fonder le duo rendu célèbre par le succès international "How Bizarre", extrait de l'album éponyme sorti à la fin de l'année 1995.

OMC-HowBizarre.jpgLe sommet des "tops"
Au prestigieux classement de l'Australasian Performing Right Association, la chanson "How Bizarre" fait partie des plus grandes chansons néo-zélandaises de tous les temps. Et ce ne sont pas que des mots. Entre 1995 et 2000, OMC aurait vendu entre trois et quatre millions d'albums dans le monde entier. Durant des semaines entières, le duo a squatté le sommet de la plupart des hit-parades. "How Bizarre" fut aussi le single de l'année 1996 aux New Zealand Music Awards.



Un album et une poignée de singles, dont le succès écrasant de "How Bizarre", c'est l'essentiel de ce que l'Histoire retiendra d'OMC, d'autant que son principal protagoniste, Pauly Fuemana, est décédé en janvier 2010, à l'âge de 41 ans, des suites d'une pneumonie. Suivant de peu d'ailleurs son frère aîné Philip, décédé lui aussi à l'âge de 41 ans en 2005. De ce dernier, on se souviendra par ailleurs qu'il fut l'un des premiers Polynésiens à faire une incursion dans le domaine du hip-hop et du R&B. La semaine où Pauly Fuemana est décédé, la chanson "How Bizarre" est parvenue de nouveau à se frayer un chemin dans le TOP 40 néo-zélandais.

13.10.2011

Jan Hellriegel et l'optimisme du bel âge

Hellriegel.jpgElle se souvient encore de ses gigs en première partie de Jeff Buckley à Melbourne, Sydney ou Auckland. Il y eut aussi, à peu près à la même époque, les premières parties des Cure, ou de Diesel. C'est bien simple, dans les années 90, tout le monde s'arrachait la belle Jan Hellriegel. Celle qui mène de front une carrière de chanteuse et de comédienne depuis plusieurs décennies, a publié en 2009, "All grown up", qui se veut, d'après elle, un disque "résolument optimiste".


Fille de carrossier de l'ouest d'Auckland (origine qui lui vaudra d'être gentiment étiquetée "Westie" par les médias néo-zélandais), la musicienne quite sa ville natale pour Dunedin et l'université Otago dès le début des années 1980, où elle décrochera une licence en arts et lettres. C'est au côté de son frère Rob que Jan Hellriegel fait ses premières armes dans le domaine de la musique. A l'université, elle rejoint en effet le groupe de son frangin, Working with Walt, dont elle écrit et interprète la chanson "Christina" en 1985. Elle y fait la connaissance de ceux qui deviendront les musiciens de son premier véritable groupe, Cassandra's Ears : le bassiste Flick Rhind, le choriste Zan Wright, la batteuse Vanessa Anich et le guitariste Leanne Ibell. Entre 1988 et 1991, la formation enregistra deux albums plutôt bien accueillis, "Private Wasteland" et "Your estimation".

Choriste des Muttonbirds
En 1991, auréolée d'une certaine notoriété, Jan Hellriegel choisit de rentrer à Auckland pour préparer un premier album solo. Elle a le vent en poupe à l'époque et tout le monde se l'arrache : de nombreuses premières parties d'artistes illustres lui sont proposées en Nouvelle-Zélande et en Australie (Jeff Buckley, The Cure, Diesel, entre autres) et la célèbre formation néo-zélandaise Muttonbirds, dirigée par Don McGlashan, lui propose même de chanter les choeurs de son tube "Nature", en 1992 :




En marge de ces multiples collaborations, Jan continue à s'atteler au projet qui lui tient à coeur : l'enregistrement de son premier disque en solo. Baptisé "It's my sin", celui-ci sort chez Warner Records en 1993, et obtient un succès immédiat. Un second album, "Tremble", publié en 1996, consacre son talent. Le single "Manic (in a state of mind)" atteint le Top 5 des charts néo-zélandais tandis que "Geraldine", autre tube, est numéro un sur MaxTV. C'est au cours de cette même année que Jan Hellriegel reçoit le prix de l'artiste féminine la plus prometteuse aux New Zealand Music Awards. En 1998, elle quitte Warner et sort un single, "Melusine", chez Universal, tout en entamant parallèlement une carrière de comédienne. En 1999, elle apparaît ainsi dans la série télévisée "Shortland street", où elle joue le rôle de Jackie, femme victime de violences conjugales. Les projets s'enchaînent : on la voit aussi en tournée avec le jazzman Mark de Clive-Lowe à l'époque, puis elle représente la fondation du célèbre écrivain néo-zélandais Alan Duff (publié en France chez Actes Sud) pour encourager la lecture. Elle en co-écrit la chanson thème avec Dave Dobbyn et Toi Iti, "Read about it", hymne aujourd'hui toujours interprété chaque année par cent mille écoliers néo-zélandais.


Allgrownup-JanHellriegel.jpgEddie Rayner au piano dans son troisième opus
Après douze années durant lesquelles elle n'avait rien enregistré, surgit soudain, en 2009, l'album "All grown up", sans doute le plus mûr de sa carrière. Pour cet album qu'elle édite à ses propres frais sous l'étiquette maison "Blind date Records", elle s'entoure de musiciens de premier choix, à l'image d'Eddie Rayner (ancien claviériste de Split Enz). Le disque est produit par Wayne Bell aux studios Roundhead (de Neil Finn) à Auckland et mixé par le fameux Neil Baldock. L'Australien Daniel Denholm (connu notamment pour son travail auprès de Midnight Oil) signe aussi les arrangements sur trois morceaux. Un album "plein d'optimisme" qui, dit-elle, "devrait parler à tous ceux qui se sont déjà sentis au moins une fois un peu perdus au cours de leur vie ; je crois qu'on devient optimiste avec l'âge", lance-t-elle.


La chanson "2x2", extraite de l'album "All grown up" :




Jan Hellriegel est devenue, en 2010, la directrice générale du label indépendant Native Tongue, qui compte des bureaux à Auckland, Melbourne et Londres. Son catalogue comporte, entre autres, les oeuvres de Dave Dobbyn, des Datsuns ou de Don McGlashan. L'année 2010 a aussi vu, sur le label de Jan, "Blind Date Records", la publication d'une compilation des chansons de son premier groupe, "Cassandra's Ears".


LIENS SYMPA

Pour commander le dernier album de Jan Hellriegel

Pour écouter et télécharger légalement les chansons de Jan, le site d'Amplifier.

Le site officiel de l'artiste.

Son site MySpace.

06.10.2011

Julia Deans : le solo lui va si bien

Deans3.jpgC'est en découvrant les chansons du groupe Fur Patrol, basé à Wellington, que le public néo-zélandais entend parler de Julia Deans pour la toute première fois en 1996. Celle-ci est en effet la chanteuse attitrée de ce quatuor rock composé par ailleurs de Simon Braxton, Steve Wells et Andrew Bain. Un premier EP, "Starlifter", sort en 1998 sur un label indépendant de la capitale néo-zélandaise. Un essai transformé deux ans plus tard, en 2000, avec le premier album du groupe, "Pet", produit par David Long, ancien guitariste des Mutton Birds. La chanson "Lydia", qui en est extraite, permet à Fur Patrol de se hisser au sommet des charts néo-zélandais. Qui plus est, lors de la remise des New Zealand Music Awards, l'année suivante, le groupe empoche la mise, raflant un total de quatre "Tuis", l'équivalent kiwi des Victoires.


Le tube Lydia interprété "live" par Fur Patrol en octobre 2000 :



Deans1.jpgC'est à partir de ce succès que Fur Patrol se sent pousser des ailes. En ce début de nouveau millénaire, les quatre musiciens ont confiance en leur potentiel et décident d'aller s'installer à Melbourne, en Australie, où ils signent très vite avec Universal. Leur second album, "Collider", sort en 2003 en Nouvelle-Zélande et l'année suivante en Australie. Mais, explorant des ambiances plus sombres que le précédent opus, ne connaît pas le même retentissement auprès du grand public. C'est à cette époque que Fur Patrol devient trio. A la fin 2004, le guitariste, Steve Wells, choisit en effet d'aller s'établir en France pour y poursuivre une carrière de photographe. Un troisième album suivra, en 2008, "Local kid", produit par le producteur australien Tony Cohen.

L'écriture de Julia s'affirme
Deans2.jpgSollicitée par plusieurs artistes néo-zélandais pour des collaborations diverses, Julia Deans commence alors à tracer sa propre route. Le kiwi légendaire Tiki Taane lui propose notamment de participer à son album "Past, Present, Future", qui fait un tabac et reçoit de très nombreux prix. En parallèle, Julia étoffe son propre répertoire. Assez loin des ambiances de Fur Patrol, la plume de la chanteuse s'affirme. Ses ballades pop-folk s'aventurent jusqu'à la lisière du jazz. Son tout premier album solo, "Modern Fables", enregistré à Berlin, Melbourne et Christchurch, sort en 2010. Un disque qui étonne par son extraordinaire maturité. Les collaborations de la chanteuse se poursuivent. En avril et mai 2011, elle effectue notamment une tournée plébiscitée aux côtés d'une autre Néo-Zélandaise de charme, Anna Coddington.


La chanson "Modern fables", extraite de l'album éponyme publié en 2010.




LIEN SYMPA

Le site MySpace de Julia Deans.